"Schlapsheim bouge, Schlapsheim avance, Schlapsheim s'aggrandit, Schlapsheim rit, Schlapsheim : OUI !"
Tous les Shlapsheimois ont pu voir ce slogan accrocheur en lettres capitales sur les panneaux publicitaires érigés depuis peu sur le lieu dit du "Sechsmotoriggewildsuewematt".
Ce lieu au nom si doux qui fleure bon les dimanches à pique niquer sur une nappe dans un pré à l'ombre des mélèzes et à engueuler les gosses qui se débrouillent pour balancer la nouvelle balle en cuir de Kevin sur la BX leader de Papa alors qu'il y a de la place pour aller jouer un peu plus loin, encore plus loin comme ça Papa pourra discuter tranquillement avec Tchenifer, la nouvelle copine de Papa, même si Maman trouve qu'elle fait un peu "pouf" alors que Maman ça la gêne pas de se tapper Mickes, le "pseudo motard" de Gundershoffen le bas qui est juste bon à jouer au baby au Café Pmu et qui offre des ballons en cuir à des gosses de 7 ans, non mais...Mais bon je m'égare. Donc, je disais que si le nom de "Sechsmotoriggewildsuewematt" n'évoque pas grand chose aux oreilles des étrangers à notre communes, il peut provoquer un certain frisson parmis la population de Schlapsheim.
Point culminant de Schlapsheim, le "Sechsmotoriggewildsuewematt" est depuis le Moyen Age une décharge a vocation multiple. D'après la légende, son sous sol abriterait une ancienne nécropole de culte paien postérieure à l'invasion Romaine. l'existence du"Sechsmotoriggewildsuewematt" est intimement liée à celle de Schlapsheim : pour preuve, la première mention écrite de Schlapsheim datant de l'an 1021 cite également le site de "Sechsmotoriggewildsuewematt". Elle figure dans un manuscrit officiel en langue romane signé du conte Otto de Schlephshausen attribuant le lieu dit de Shlapshem aux villageois de Buewshem (Buwesheim, village voisin de Schlapsheim) pour je cite : "Y deposar les ordur et dechects et leur cadavres dans la cuvette de Shlapshem au lieu dy des Six Motarus vilus Suides".

Ce lieu chargé d'histoire servira de quartier général aux resistants Schlapsheimois pendant l'occupation Allemande. (Certaines mauvaises langues disent qu'il s'agissait du quartier général des volontaires collaborationistes Schlapsheimois mais sachez qu'en 1965 Une enquête approfondie mandatée par Maurice Papon, alors ministre, pouvera que toute la population Schlapsheimoise s'est engagée dans la resistance et cela dès 1947).
En 1972, alors que les ordures ménagères s'entassent en trop grand nombre, la municipalité juge que le terrain risque de devenir insalubre et en confie la gestion à la Cogemo, entreprise Française connue pour exporter son savoir faire dans le monde entier et pour importer des déchets nucléaires du monde entier aussi.
Le "Sechsmotoriggewildsuewematt" est choisi comme "lieu de retraitement naturel des déchets nucléaires". Ce procédé experimental et non industriel consiste à stocker les dechets dans des bidons jaunes de 1000 litres et à les entreposer les uns sur les autres. On laisse la nature faire le reste : le processus de déradioactivation complétement naturel se fait tout naturellement. Si l'activité de la Cogemo au "Sechsmotoriggewildsuewematt" connait au départ quelques objections notamment de la part de Greenpeace, l'ensemble de la population semble s'en accomoder et le mouvement d'opposition s'essoufle (surtout parce que Green Peace n'arrive pas à atteindre le "Sechsmotoriggewildsuewematt" en canot pneumatique par la D123).

Alors que le "Sechsmotoriggewildsuewematt" se fond progressivement dans le paysage, Schlapsheim elle continue à grandir durant les années 80 et 90 et se dote d'une crêche, d'une piscine, d'une nouvelle école, aux abords du site de la Cogemo.
Puis en 2003 la nouvelle tombe aussi brusquement que brutalement : La cogemo va fermer son site. En effet, son spécialiste Ukrainien (formé à Tchernobyle) se rend compte que les mesures de radioactivité qu'il faisait depuis des années à Schlapsheim étaient peut être un peu faussées. En effet, il avait oublié de remettre des piles depuis 1986 dans son compteur Geiger. Une commission indépendante est formée pour effectuer une expertise. Elle s'installe au café bar Pmu de Schlapsheim et y menera le plus gros de son investigation. Les experts ne se rendront jamais sur le site de "Sechsmotoriggewildsuewematt", ce qui prouve bien le peu de dangerosité du lieu, sinon, les investigateurs indépendants auraient évidemment jugé utile de s'y rendre. Les agitateurs alter mondialistes, "ecolo-droit de l'hommisto des beaux quartiers" (comme les appelle Nicolas Sarskyso, notre sympatique 1er adjoint au maire) reviendront en force dans notre village pour mettre en lumière la négligence (pardonnable) du technicien ukrainien de la Cogemo. Leur mouvement d'essouflera à la suite au suicide d'une quinzaine d'entre eux qui avaient établi leur campement dans le pré d'Alfred pour qu'il les écrase (involotairement) en roulant sur leurs tentes avec son tracteur pendant qu'ils dormaient.
A la grande satisfaction des élus et de la population de Schlapsheim, les dirrigeants de la Cogemo diffusèrent enfin les conclusion du rapport des experts : le terrain du "Sechsmotoriggewildsuewematt" est apte à accueillir toute infrastucture déstinée à recevoire du public, et ne présente aucun risque d'autre Radioactif, biologique ou autre.
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