Remess Meyer-Schmitt : La passion du Gun
Laissez parler la poudre
A Schlapsheim, si vous voulez faire une enquête sérieuse, vous allez au PMU. C'est donc tout naturellement que nous avons rejoint l'établissement de Rolles pour en savoir plus sur REMESS MEYER SCHMITT et son établissement légendaire :" LE GOLDENE SPATZFLINT" :
"Ici, c'est une légende, une de celle qui fait faire des signes de croix aux vieilles et qui plonge les anciens dans un silence de respect. C'est une fierté qui arrive à faire briller les yeux des plus désesperés", nous a expliqué le très lyrique Rolles (écrivain à ses heures) en guise de réponse.
C'est après ces renseignements et quelques verres d'amer que nous nous décidons à rejoindre la fameuse armurerie.
Le GOLDENE SPATZFLINT, c'est le paradis des amoureux des armes : Magnums, 22 long riffle, sabres de samouraï, batons de dynamites, mitrailleuse à manivelle de l'armée confédérée : Ici, tout est à portée de main. Enfin, quand on dit à portée de main, ce n'est pas tout à fait vrai pour Remess.
Remess que l'on appelle aussi ici, Capitaine crochet (à ne pas confondre avec Capitaine de soirée) exhibe un appendice métalique en forme de crochet en lieu et place de sa main droite. "L'accident con", nous explique-t-il. En 1986, alors mandaté par la prefecture du Bas-Rhin pour effectuer des demonstrations de lancer de grenades aux gendarmes de la région, Remess est victime d'un accident qui lui coutera sa main droite : "les flics avaient préparé un apéritif: un fut de 5 litre de Météor, juste pour moi et des canettes de Bitburger. On a bu le fut, tranquillement et puis on est allé au terrain d'entrainement de lancer de grenades (à côté du terrain de jeu pour les enfants)".
Remess tient la grenade dégoupillée dans sa main droite, une canette de Bitburger dans sa main gauche. Croyant décapsuler la canette, il dégoupille la grenade et la porte à sa bouche. En même temps il jette la canette au loin. La grenade lui explose à la figure, emportant ses incisives, un bout de son nez et sa moustache. Et sa main droite.
"Heureusement, j'avais pas ouvert la canette, et elle a pas explosé" nous explique-t-il; les grands pros sont comme ça : plus soucieux du matériel que de leur personne.
Nous poursuivons la visite du magasin et admirons les obus entreposés dans la veranda ensolleillée qui jouxte le magasin. A notre grande surprise, certains obus portent des inscriptions en russe ainsi que le trèfle à trois feuille noires sur fond jaune, symbole de Schlapsheim : la réputation de notre village aurait dépassé les frontières?
Le magasin de Remess est une veritable caverne d'Ali Baba mais ce n'est que la partie cachée de l'iceberg : "les explosifs sont entreposés à la cave". Ce sont ses fils, Kefine (4 ans) et Tchonathane (6 ans et demi) tout fiers d'aider leur papa qui s'occupent de chercher les batons de dynamite, pains de plastique, et autres grenades anti-char dans la cave. A la lueur d'une bougie (il fait sombre), les bambins circulent et rapportent en un clin d'oeil les commandes des clients. Enfin, quand on dit en un clin d'oeil, c'est une façon de parler: Remess, que l'on appelle ici "Oeil de verre" porte un "oeil de verre" comme son surnom l'indique. "l'accident con", nous explique-t-il. En 1998, alors que l'élimination de l'Allemagne en coupe du monde lui arrache une larme, Remess, encore peu habitué à son crochet veut essuyer son oeil du revers de la main. Mal lui en prend, puisqu'à la suite de ce geste, il perd l'usage de son oeil droit.
Mais Remess n'est pas du genre à se laisser aller ; sa passion pour les armes, c'est son moteur dans la vie: "Les armes, c'est une passion, mais ça n'a rien avoir avec la violence. J'aime les beaux objets, c'est ce qui me plait dans les armes. Il n'y a rien de belliqueux ou de guerrier dans tout ça. Quoi de plus beau qu'un magnum 44, capable de vous arracher la gueule en un clin d'oeil? Et quelle poésie dans la lame d'un couteau de chasse, capable de vous larder comme un speck frais.
Je vais vous étonner, mais moi, je n'ai pas d'arme à la maison. Sauf un m16, si jamais y a un connard qui essaie de rentrer chez moi. Et une mitrailleuse M60. C'es pour les taupes qui me niquent le gazon. J'ai aussi un magnum dans le Talbot Rancho, si y a un malade qui voudrait me piquer la roue de secours ou le Grundig lecteur de cassette. Mais sinon, je n'ai pas l'usage des armes."
Pour tout dire, Remess est un pacifiste qui se félicite de sa clientèle cosmopolite et variée : Irlandais, Basques, théologiens Islamistes, Associations Texanes de camping communautaire spécialisés dans la reconstituion de scenarios de fin du monde, financiers russes, agents immobiliers corses, spécialistes de l'import export Marseillais, hommes d'affaires siciliens... le monde entier frappe à la porte de Remess.
"La semaine dernière, j'ai eu des africains super sympas. Comme l'Afrique a souvent faim, je suppose qu'ils voulaient acheter du matériel de chasse pour nourrir la population ."J'ai bien des potes qui vont chasser le babouin en Namibie! Ils m'on pris des Missiles Air-Sol, des roquettes anti-char, des missiles stinger et des orgues de Stalinnes. Des bons clients, je vous dis".
Normal, chez Remess, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Enfin, quand on dit pour toutes les bourses, ce n'est pas tout à fait vrai pour Remess. "L'accident con" nous explique-t-il. "Avec ce crochet, je suis pas encore habitué. Un moment d'inatention et crac... Vous comprenez?" Oui, Remess (aussi appelé : ohne balle), on comprend va...
Commentaires
Ned Kingsley - site) - lien - samedi 6 août 2005 15:26
Quantic - lien - samedi 6 août 2005 15:27
mumu (email - lien - jeudi 20 octobre 2005 21:59
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