CINE CLUB SCHLAPSHEIM - AMERICAN NINJA III
Les aventures du Ninjardin.
Schlapsheim aime le cinéma. Chaque mois, nous vous livrerons un billet sur un film culte ou une oeuvre marquante du cinéma. Cinéphile, cette page est pour vous.
Premier plan : une maison en feu... La jungle... Des femmes en pleurs quittent leurs maisons en courant, leurs enfants dans les bras. Autour d'eux des GI aux allures de gosses désemparés portant des flingues trop grands pour eux... L'adagio d'Albinoni semble être la seule musique de circonstance pour souligner le côté tragique d'une scène pareille... Des zebrures apparaissent sur l'écran puis plus rien... Votre magnetoscope fait un bruit repetitif : Cloc Cloc, rrrrrr, Cloc, Cloc, rrrrr... Ca veut dire qu'il bouffe la bande de la VHS de Platoon. Encore un film qu'il va falloir acheter en DVD.
Platoon, c'est mort, alors qu'est ce que je vais bien pouvoir regarder? "Secretaires nymphomanes" ?... non... heu..."Tout sur la pêche au Goujeon avec Nicolas le jardinier"... non..."Les voyages d'Antoines : Les Baléares vol.4"...ptin, qu'est ce que j'ai comme VHS moi!... "Les yeux dans les bleus" version doublée en Quebequois...non..."American Ninja III"... C'est quoi ce truc? Je savais même pas qu'il ya avait un I !
PLAY : alors, on voit une forêt... Là y a deux mecs en pyjama noir et cagoule qui font des roulades. Un autre plan : encore des mecs en pyjama qui font des roulades puis la roue. On dirait un peu "Le plus grand cabaret du monde" mais sans Patrick Sebastien. Tout ça sur une bande son jouée au Bontempi avec batterie "effet splash".

Le nom de Michael Dudikoff s'affiche en rouge. OK. Encore des mecs en pyjama noir qui font des roulades. La y a deux types qui se battent avec des batons. Il sautent. L'image se fige et ils restent en l'air. "AMERICAN NINJA III". OK. Les mecs en pyjama ça doit être les ninja. C'est bien foutu comme truc.
Le générique est fini. Alors là, maintenant, on doit être dans un lycée américain et c'est la fin de l'année. Dans le couloir y a des mecs cools et des filles ... cools. Ils sont blonds avec des nuances studio line dans les cheveux et dans les doigts tellement ils se foutent du gel sur la tête. L'un des types doit être plus cool que les autres, les filles l'adorent mais lui il voit rien, ce con. C'est Steve et les filles le regardent de loin en se faisant des confidences et en se tortillant. Quand elles ont fini de rire, elles eclatent de rire en riant et tortillent encore plus du bassin. L'une d'elles regarde Steve avec plus d'insistance. C'est un indice: je parie que ça va être la chérie de Steve plus tard. Autre indice : elle a des gros seins.
Steve rentre à la maison et jette son gillet UCLA dans le canapé. Il crie "salut maman, salut papa". Ses parents arrivent, ils ont l'air sympas mais ne nous attardons pas trop sur eux : ils vont crever dans 4 minutes plus tard.
Bon, c'est le soir, c'est la fête du High school: y a un bal de fin d'année. (Le genre de bal qu'on finit sur un backeat de Pontiac à jouer à "met ton doigt où j'ai mon doigt"). Steve est seul : c'est un type mysterieux (il ne pète jamais et ne crie pas USA à chaque fois qu'il vide une canette de Bud). La fille au gros seins le regarde d'un air... (amoureux, ou vide, c'est selon le talent de l'actrice et les capacités d'interpretation des spectateurs). C'est ce moment que choisit un type à l'air de méchant (il a les cheveux blonds à la Rod Stewart, un costume trop brillant, et une gueule de méchant. Ah j'oubliais : il traine une bande de sous-fifres avec lui)... je reprend : c'est le moment que choisit le type méchant pour mettre une main aux fesses de la fille aux gros seins. Il lui glisse un "t'aime ça hein poupée?". J'avais vu au générique que Hemingway avait participé aux dialogues. Encore une preuve de son immense talent. Steve s'interpose :"Reste poli, Buff". Bon, alors là on a droit à un échange de regards et de dialogues digne de Shakespeare bourré. Puis quand le méchant et sa bande veulent en venir aux mains, Steve leur fout une raclée genre pif paf zouff im fratz. Expeditif. Puis il retourne au bol de sangria, se sert un verre et ramène un verre de champomy à la fille aux gros seins. Steven Seagel n'a rien inventé.
Steve rentre à la maison : il est tard, au moins 9h30. Ses parents sont couchés par terre, déguisés en sauce bolognaise. En langage série B, ça veut dire qu'ils ont été assassinés. Là, Steve tombe à genoux et lève les mains au ciel. Il crie :"AAAAHHHHHHH!!!!!" (le dialogue est d'Hemingway, je vous rappelle). Il prend ses parents dans ses bras et se fout de la bolo sur sa chemise à jabot neuve. "AAAAAHHHH!!! merde, va falloir aller au pressing!!!"
Captivé par l'intensité de la scène, j'en profite pour experimenter la touche FWD de la télécommande. Aahh. Ca s'anime un peu. Je vois rapidement qu'il y a une scène tournée dans des bureaux. OK. Tiens, un noir. Il va mourir celui là, je le sens. Ah, de nouveau le camp d'entrainement. J'avance encore un peu.
PLAY. Il y a un grand méchant là. Un gros barraqué qui parle à un biznessman typé latino américain. Trop bronzé pour être honnête çuila (dans un série B, bien sûr). Le biznessman demande au gros de tuer plein de gens contre cette malette en skai pleine de billets de monopoly. Mais est ce qu'il en est capable? Le gros méchant, pour prouver qu'il en est capable aboie un truc genre "TCHAITUNK!". Là, y a un ninja qui vient et se met au garde à vous. Ca doit être lui TCHAITUNK. Le gros barraqué le regarde d'une manière pas gentil et lui fout une baffe super fort. Tchaitunk tombe à terre, assomé ou mort. Le gros barraqué claque des doigts et deux autre ninja arrivent en courant et prennent Tchaitunk par les bras. Ils le trainent comme un vieux tapis et l'emmène vers la comptabilité pour qu'il prenne son cachet de figurant. Le gros méchant lance encore un couteau dans la malette histoire de montrer qu'il est super méchant.
Bon je reteste FWD. Là on voit Steve qui s'entraine. Il fait la même chose que les ninja du générique mais tout seul. C'est moins bien. Le black vu dans les bureaux dans une des scènes d'avant arrive et lui montre des photos en noir et blanc du grand méchant qui a foutu une torgnole à Tchaitunk. Le black dit : "C'est lui..." d'un aire entendu. OK, c'est lui. Et alors? En tout cas, ça fait de l'effet à Steve qui s'entraine de nouveau tout seul à fond. Il fait super bien les roulades.
J'en profite pour chercher des chips (au paprika leader Price) et une bière.
Quand je reviens, Steve débarque sur une île en zodiak, avec le black. Steve est habillé en ninja et le black en GI.
FWD : Ils courent dans la jungle. Ils foutent des raclées à des ninjas qui les ont reperés. Ca saute dans tous les sens, c'est marrant. Tiens! Le black se fait fracasser la tête par le grand barraqué d'avant qui le prend par surprise par derrière en traitre comme un sale méchant qu'il est. Steve est surpris et se fait capturer comme un gland. Il se fait bailloner et on l'emmène au camp des ninjas. Là, il découvre sa chérie aux gros seins, ligottée à un poteau. C'est sex. Elle se tortille et crie : Stiiiiiiiiive!".
FWD : bon, alors y a de la torture de STEVE : le grand barraqué lui fout un couteaut plein de ketchup sur la poitrine et laisse une ligne rouge sur son téton. Steve fait "AAAAHHHH!!!" (vous reconnaissez encore la touche du grand Ernerst Hemingway). Puis il tombe dans les pommes. Là, on a droit à un flash back de Steve avec ses parents encore vivants...
Cloc...cloc...rrr...cloc...cloc...rrr... ça veut dire que le magnetoscope bouffe la bande de la VHS de platoon. Encore un film qu'il va falloir acheter en DVD.
Non. finalement non. Qu'est ce que je pourrai regarder maintenant? "Secretaires nymphomanes", je me demande ce que ça peut bien raconter...
Commentaires
PETIT CANARD (email - lien - mercredi 9 novembre 2005 13:18
Ned Kingsley - site) - lien - mercredi 9 novembre 2005 18:05
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